QUENTIN DE WISPELAERE

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Les Echos : Quentin De Wispelaere

 

Text by Julia Lemarchand, Paris, France (2015)

Published in Les Echos, Paris, France (2015)

 

J'ai commencé à piloter des avions dès 15 ans. Devenir pilote était un rêve d'enfant. Vers la fin de mes études de pilote de ligne, j'étais beaucoup moins emballé que je ne l'aurais pensé. L'aviation commerciale m'avait déçu en de nombreux points : utilisation grandissante de l'automatisation, règles administratives, ...

 

J’ai préféré commencer quelque chose de totalement nouveau, qui m'intéressait tout autant et depuis aussi longtemps : la photographie. Le déclic s'est produit le jour de ma remise des diplômes, tout le monde était très fier alors que moi ça m'était - honnêtement - un peu égal. Je ne me sentais pas vibrer. Je me suis inscrit dans une école d'art l'après-midi même.

 

Dès ma première année d'études en photo à La Cambre - une école bruxelloise réputée notamment pour son atelier de création de mode - j'ai envoyé mon portfolio à des professionnels du secteur. C'est d'abord au Royaume-Uni qu'on m'a fait confiance, ma première commande était pour Another Magazine, un bi-annuel anglais à la ligne éditoriale très pointue. Ils m'ont envoyé couvrir des défilés prestigieux tels que Louis Vuitton, Chanel ou Dior.

 

Aujourd'hui, à 25 ans, j'ai travaillé pour des clients passionnants comme Maison Margiela, Hussein Chalayan, Vogue ou Zara, ainsi que divers magazines, des artistes et des fondations pour l'art contemporain. Parallèlement à ces travaux commerciaux, je développe un propos photographique personnel qui vient nourrir mes commandes, une étude sur la perception qui explore les frontières entre représentation et hallucination. C'est ce que mes clients apprécient et ce qui fait la différence avec les photographes qui ne travaillent que dans la mode.

 

Souvent on me demande le lien entre l'aviation et la photo. D'une façon générale, je pense que les deux m'ont permis d'expérimenter le monde par le biais d'outils technologiques pour le voir d'une manière qui ne nous est pas innée.

 

Si je devais revenir en arrière, je referais tout exactement pareil. Je n'ai aucun regret, j'ai été au bout de mon rêve d'enfant. Je me sens libre. J'ai appris dans l'aviation des choses qui me servent tous les jours en photo : la rigueur, la méthode de travail, la résistance au stress. J'aime toujours autant voler mais quelque part au fond de moi, je me sens vraiment accompli depuis que j'ai changé de voie.

 

 

 

 

 

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